Debout!

Homélie du frère Jean-Charles Rigot pour le 1er dimanche de l’Avent – 30 novembre 2014

Au cœur de l’obscurité de la nuit, dans la pénombre de ma vie, un réveil sonne et sa voix, encore lointaine, m’appelle avec insistance. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé ces derniers temps, et je ne vois rien, absolument rien de ce monde qui m’entoure. Ne rien écouter, ne rien regarder, encore dormir, encore un peu, toujours un peu…

Petit à petit, les premières images apparaîtront, des ombres qui se dressent, inquiétantes. D’autres bruits que la voix bien connue du réveil m’assaillent déjà. Le fracas des événements du monde s’abat sur les fenêtres de ma chambre, sur la coque de mon bateau, sur les portes de mon cœur. C’est aujourd’hui le temps du combat, c’est maintenant qu’il faut se lever, se tenir debout. C’est un combat sans doute contre les éléments qui m’entourent, mais c’est avant tout un combat contre moi.

Et la voix, douce et joyeuse, de mon réveil m’interpelle, m’encourage à sortir du confort tiède de nos habitudes et de la mort. Elle me conforte dans l’urgence de la bataille à mener. Qu’ai je à faire aujourd’hui ? Me tenir debout à la porte de la maison ou à la barre du bateau, prendre mon tour de garde.

Ce matin, frères et sœurs, en ce temps d’Avent qui commence, dans le petit matin de cette année liturgique qui commence, la Parole de Dieu sonne et résonne, incessante pour nous convoquer et nous inviter à nous lever, à ouvrir les yeux et à regarder le monde pour l’accueillir non tel que nous aurions voulu qu’il soit, mais tel que Dieu l’a préparé pour nous, tel qu’il nous l’a donné.

Ce matin, sur le pont d’un bateau où beaucoup sommeillent encore, nous devons être des veilleurs, attentifs au cap de nos vies, scrutant l’horizon pour y discerner peut-être quelque rocher ou iceberg, mais surtout pour découvrir et admirer le jour qui vient, qui se lève. Dans cette navigation de l’Avent qui s’offre à nous, la question n’est d’abord de calculer sa route, de tout prévoir, mais d’attendre, de regarder, de contempler, de reconnaître et aussi de renaître.

Dans la folie apparente de notre monde, malgré les vagues et les vents contraires, le Seigneur révèle sa présence. Avec confiance et persévérance, cherchons le, avides de cet amour dont il veut nous combler. Avec courage, tenons-nous debout, au service de nos frères et de nos sœurs, pour pouvoir leur annoncer : un enfant nous est donné, le Seigneur vient.