Voici Celui qui vient

Homélie du frère Jean-Charles Rigot 2e dimanche de l’Avent – 7 décembre 2014

Frères et sœurs,

la semaine dernière, la Parole de Dieu nous a invité à tenir notre cœur en éveil, pour pouvoir observer ce qui nous entoure, pour découvrir ce qui vient, et surtout Celui qui vient à notre rencontre.
A présent bien réveillés, nous pouvons entamer notre lecture de l’évangile selon saint Marc.
« Commencement de l’Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu »
Ça y est, tout est dit.

En ouvrant le livre ce matin, vous vous demandez comment il finira ? Dès les premiers mots, Marc vous donne la réponse. Chacun de ceux qui croisera la route de Jésus se posera la question « Mais qui est cet homme ? Que veut-il nous dire et nous révéler ? ». Il faudra soit attendre la fin pour entendre le centurion déclarer « Cet homme est vraiment le Fils de Dieu » ou bien relire les premiers mots. Nous le savons donc déjà. Ou plus exactement, notre oreille l’a déjà entendu. Il ne reste plus qu’à faire passer le message à notre cœur, à l’ancrer dans toute notre vie.

Et pour cela, nous allons devoir ouvrir la porte de cet oratoire, la porte de notre maison et partir à pied. Ni en voiture, encore moins en avion, mais à pied pour prendre le temps de préparer la route, de la voir, de rencontrer ceux qui l’empruntent également ou qui regardent passer les voyageurs.

C’est une belle route qui s’offre à nous. Belle, mais pas toujours simple, puisqu’elle traverse le désert de nos vies, de nos villes, de nos cœurs. C’est ce désert là, avant tout, que nous devons affronter. Jésus a passé 30 ans à Nazareth avant de prêcher 3 ans. Saint Dominique a passé passé 15 ans dans le sud de la France, seul au milieu des cathares, avant de fonder l’Ordre dans lequel il passera 4 ans. C’est dans le désert de l’Azekrem, que Charles de Foucauld tirera l’eau vive de sa rencontre avec son Seigneur. Et au cœur de la tourmente de Silouane, sur le mont Athos, le Christ apparaîtra pour l’inviter à tenir son esprit en enfer et ne pas désespérer.

Notre enfer ce matin, notre désert, c’est le lieu de nos faiblesses, de nos doutes, de nos solitudes. Sans doute, une sorte de décharge de notre âme, où nous reléguons les faces les moins convenables de notre vie. Et c’est là que Jésus nous envoie aujourd’hui, dans notre propre cœur, comme dans le cœur du monde. Parce que c’est là qu’il veut naître, là, avec ceux que le monde rejette, dans l’atmosphère sans doute un peu moite de la crèche. Il veut habiter nos faiblesses pour être notre force.

Alors de l’aridité de notre monde, une source pourra jaillir, un chant résonner dans notre nuit : Viens Seigneur Jésus, vient nous sauver.