Moi, je suis comme saint Thomas

Homélie du dimanche 8 avril, dimanche de la Miséricorde, frère Christian-Marie Donet

Thomas appelé Dydime (c’est à dire jumeau) dit aux autres disciples : « Si je ne vois pas la marque des clous, si je mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son coté, non, je ne croirai pas ».

Beaucoup revendiquent d’être des  »jumeaux » de Thomas : « Oh ! Vous savez, moi je ne crois que ce que je vois ! » Cette réflexion me paraît être une lecture erronée de ce que demande Thomas.

Thomas n’est pas dans la revendication, ni dans la jalousie parce que les autres ont vus et pas lui. Thomas demande à voir des éléments bien précis : la marque des clous et la plaie du coté du Christ. Non Thomas n’est pas prêt à croire n’importe quoi !

Cela me rappelle un épisode de la vie de saint Martin. Un jour, le démon lui apparaît revêtu de pourpre et d’or, rayonnant de gloire et dit : « N’aie pas peur Martin, c’est moi Jésus. » Martin lui répondit : « Non, le Seigneur n’a point prédit qu’il viendrait vêtu de pourpre, ni d’un diadème éclatant ; pour ma part, je ne croirai à la venue du Christ que s’il se présente avec les habits et sous l’aspect qu’il avait lors de sa Passion et s’il porte clairement les marques de la Croix ».

Un jour en entrant dans la chapelle des apparitions de Paray le Monial, j’ai découvert la fresque qui est peinte dans le chœur, Jésus y est représenté avec les plaies des mains, des pieds et de son côté toutes rayonnantes ; ce jour là j’ai compris ce qu’était la Miséricorde Divine, j’ai compris ce que voulait dire que Jésus a donné sa vie pour moi.

Si nous voulons être les jumeaux de saint Thomas dans notre attente de voir des signes, il nous faudra l’être aussi dans sa réponse : « Mon Seigneur et mon DIEU. » Certains demandent à vivre une expérience mystique mais ne sont pas prêts à en assumer les conséquences en particulier un éventuel changement de manière de vivre.

Nous fêtons le dimanche de la Divine Miséricorde, et avec Thomas nous avons un bel exemple de la manière dont DIEU vient mettre son cœur au cœur de notre misère. Il répond à nos attentes, à nos besoins. Mais la Miséricorde ne peut être reçue sans un acte de foi qui lui réponde.

Bien sûr, DIEU nous fait miséricorde, bien sûr, cette miséricorde nous est offerte puisque le cœur de Jésus, source de la Miséricorde reste toujours ouvert. Mais encore faut-il poser l’acte de foi qui nous permettra d’en bénéficier. « Mon Seigneur et mon DIEU. » la déclaration de foi de Thomas est simple.

Dans ce sanctuaire, nous lisons ce verset biblique : « Seigneur montre ta face et nous serons sauvés. » Cette invocation est demandé aux membres de l’archiconfrérie de la Sainte Face pour faire réparation des blasphèmes . Jésus donne à sainte Faustine cette phrase : « Jésus, j’ai confiance en toi. » en promettant de répondre sa Miséricorde sur le monde quand elle sera prononcée. C’est tout simple mais ce pendant pour beaucoup tellement compliqué.

Gardons comme une perle, cette phrase du Bx Michel Sopocko, directeur spirituel de sainte Faustine : « L’Évangile ne consiste pas à proclamer que les pécheurs doivent devenir bons, mais que DIEU est bon pour les pécheurs ».  Amen.